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NÈGÈS MAWON ? POURQUOI ?

« Enfant créole qui vis encore en moi, tu naîtras libre et rebelle, ou tu ne naîtras pas »

Derniers mots de Lisette, personnage principal du roman « ROSALIE L’INFÂME » d’Evelyne Trouillot lorsqu’elle s’enfuit de la plantation où elle était retenue en esclavage pour offrir la liberté à son enfant. Le jour où elle devient « marrone ».
Nommer notre organisation féministe « NÈGÈS MAWON » s’inscrit dans la droite ligne de certains historiens comme Edner Brutus et Jean Fouchard, qui définissait le marronnage comme un phénomène de contestation permanente, qui a permis l’aboutissement de la révolution haïtienne. Notre lutte féministe hérite de l’idéal de justice et liberté portée par la révolution de 1804. Notre lutte féministe se nourrit aussi des luttes de toutes les femmes d’hier dans le monde dont nous sommes les héritières, elle amplifie aujourd’hui les combats de nos sœurs aux quatre coins du globe pour l’avancement des mouvements des femmes.                                                                                                                                                          Nous récupérons le symbole du « marron », ce symbole de liberté, de rébellion, de révolte, de soif de justice et de vie pour exprimer, nous, jeunes femmes d’aujourd’hui, notre bataille contre toutes les formes de violence, de discrimination, d’oppression, de marginalisation ou d’exclusion qui trouvent leur ancrage dans le patriarcat. Nous féminisons ce symbole pour protester contre l’invisibilisation, la minimisation ou la déformation de la contribution des femmes dans l’histoire de notre nation et dans l’histoire du monde.
NÈGÈS MAWON, pour rendre hommage à toutes ces femmes guerrières qui ont forgé pour nous cette nation depuis 1492 sur leur sang, leur sueur et leurs vies. NÈGÈS MAWON, pour être les dignes héritières de ces héroïnes dont l’histoire se rappelle mais aussi celles que l’histoire a oublié, a occulté.


NÈGÈS MAWON, pour continuer à faire vivre à travers nos luttes, celles qui ont crié, sur notre sol mais aussi partout dans le monde, depuis des siècles, « LIBÈTE OU LANMÒ ».